mercredi 5 septembre 2007

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Une feuille qui danse avec des forces invisibles, la chevelure d'un saule pleureur, les fleurs éclatées par la rosée du matin, la douceur du crépuscule qui rend les corps si sensuels, les quelques rayons du soleil qui traversent les volets et découpent les corps encore endormis, un nez aquilin, un strabisme convergeant, un teint métissé et miéleux, des yeux clairs et dérangeants, une nuque nue, l'air nonchalant, le mélange des origines, la langue fine et musclée, les langues qui font jouer ma langue, les voix graves, basses, sensuelles et suaves, les reflets, l'élasticité de la voix de Björk, l'hyperactivité des doigts de mon ex, la complainte d'une contrebasse, les armes, le sang qui coule à flots, l'attraction sexuelle qu'il y a dans un tango, la puissance musicale des jeux de toms, l'étrangeté du visage d'Helena Boham Carter, la détresse dans les mouvements du Radeau de la Méduse, le monde de Dali, les plans obscurs lynchiens, la préciosité des liens familliaux, les regards qui se croisent, des mains glissantes dans mon dos, des mains glissantes sur mon ventre, des lèvres collées à mon cou, des lèvres collées aux miennes, d'autres lèvres ruisselentes aux miennes, la violence des fantasmes, la violence des pensées, l'usure du temps sur mon corps, l'attraction de deux corps, l'attraction pour un corps, mon incessant désir pour l'inacessible, la sonorité et la couleur des mots, les lettres qui composent un mot, la rareté d'un prénom, les grains de beauté, le grain de beauté de Catherine, ma mère, le visage diabolique de Jack Nicholson, les miroirs, la Morsure, les lignes, le ruban de Mobïus, le dernier souffle de Jenny, le cap inexploré de la mort, les talons aiguilles, le noir, l'obscurité si sexuelle qui contamine les corps, les aveux les yeux baissés, la lune mangée, les corps nus et désarticulés, ton corps dans mon coeur, ton corps prisonnier dans mes ventricules, tu baignes dans mon sang bousculé par les battements que tu suscites en me parlant, c'est dingue, parle-moi, parle-moi encore, tu sembles si bien dans mon lieu de vie, là où personne ne pourra te trouver, là où personne ne pourra t'arracher de moi.
Je rêve d'une beauté sous toutes formes m'appartenant et dont je ne m'en lasserai pas. Je veux la beauté, je la veux près de moi, je veux plus que sa simple existence, je veux que cet éveil des sens soit permanent, je ne veux pas retomber dans l'air morne de mon existence.
J'habite dans une boîte charbonnée. Le plafond est ouvert. Ma vie est en dehors, je suis à côté d'elle. Je suis tout près. Je n'en vois que des bribes. Les nuages sont si beaux d'ici bas. Je veux m'y coucher, je veux les manger, je veux les sculpter, je veux plonger à l'intérieur et me recroqueviller dans leur chair si épaisse et si légère pour m'y endormir. Je veux renaître.

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